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L'ICEM a organisé une conférence régionale à São Paulo, du 27 au 29 octobre, pour consolider ses activités dans la région. Sur le thème "L'ICEM, une organisation moderne, dynamique et efficace", cette conférence a rassemblé 25 dirigeants syndicaux d'Argentine, du Brésil, du Chili, de Colombie, du Pérou, du Costa Rica, d'Uruguay et de république Dominicaine.
Un des buts de la conférence était d'intégrer les syndicats de l'ancienne Fédération mondiale des travailleurs de l'industrie (FMTI) qui a fusionné avec l'ICEM à son Congrès de 2007. L'autre objectif était de mettre sur pied des programmes pour les jeunes travailleurs et les femmes.
Italo Rodomonti, au centre
Le Vice-président de l'ICEM Italo Rodomonti a présenté un exposé sur la démocratie syndicale et la représentation, dans lequel il a expliqué pourquoi le renforcement des structures syndicales est une question de démocratie. Ils ne s'agit pas pour les mécontents de trouver un autre syndicat, a-t-il déclaré. La prolifération des organisations syndicales ne fait pas progresser la démocratie, mais bien le fait d'avoir moins de syndicats, meilleurs et plus forts. Les dirigeants syndicaux ne doivent jamais oublier ceux qu'ils représentent, a-t-il conclu.
Des groupes de travail ont réfléchi sur le thème de la démocratie syndicale et ont proposé les conclusions suivantes :
• Il faut intégrer les femmes et les jeunes en plus grand nombre dans l'ICEM et ses organisations affiliées;
• La formation et l'éducation restent importantes, et la priorité doit aller aux programmes de formation des formateurs. Chaque syndicat doit avoir son propre programme d'éducation;
• Le néolibéralisme et les multinationales restent en tête de nos préoccupations. Le néolibéralisme a eu des conséquences néfastes sur les jeunes qui sont plus individualistes et éloignés du syndicalisme. Il faut surmonter ces tendances pour attirer plus de jeunes dans les syndicats.
• Les syndicats restent faibles. Il faut encore mettre l'accent sur le recrutement. Les syndicats ont des problèmes financiers et de non-paiement des cotisations. Ces problèmes doivent être surmontés.
• Les migrants et les travailleurs du secteur informel sont de plus en plus nombreux et l'ICEM doit se doter de politiques pour remédier aux problèmes que rencontrent ces catégories de travailleurs.
• Il faut améliorer la communication; on étudie les possibilités d'organiser des réunions et de communiquer par le biais de Skype pour le comité régional.

Sergio Novais
Le Vice-président de l'ICEM pour l'Amérique latine et les Caraïbes, Sergio Novais, a présenté un exposé sur les programmes et structures de l'ICEM. Une des grandes priorités de la région est les réseaux de travailleurs. Ces réseaux permettent d'exercer un contrôle sur les multinationales qui sont parfois plus puissantes que certains gouvernements de la région.
L'ICEM doit s'attaquer aux domaines dans lesquels elle est en position de force pour faire changer les choses et laisser l'action à caractère général auprès des pouvoirs publics à la Confédération syndicale internationale (CSI). Comme toujours, la sous-traitance et l'externalisation furent au centre des discussions.
Un nouveau projet doit être lancé prochainement avec le concours de l'ISCOD espagnol afin de former 60 femmes de la région aux techniques de négociation. Il a aussi été question du projet pour l'industrie de la pâte et du papier parrainé par le SASK finlandais pour les pays du Mercosur d'Amérique latine.
Il faut se souvenir que le processus de consolidation syndicale est un processus permanent – celui entamé avec la fusion entre la CSI et la CMT se poursuit. L'ICEM est particulièrement active dans la consolidation des Fédérations syndicales internationales par sa coopération avec la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) et la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l'habillement et du cuir (FITTHC). L'organisation régionale de la FMTI, la FLATIC, va rejoindre le comité régional de l'ICEM avec six nouveaux membres, dont deux femmes.

Les participants ont exprimé leur préoccupation devant le dédain affiché par le gouvernement de la province de Chubut, en Argentine, envers la convention collective du syndicat du service public Luz y Fuerza. Il foule au pied toutes les normes et conventions nationales et internationales sur la liberté syndicale et le droit de négocier collectivement.
La réunion a également adopté une résolution sur le Honduras dans laquelle on peut lire :
"Le comité régional de l'ICEM, réuni à São Paulo (Brésil), considérant la situation politique prévalant dans la république sœur du Honduras à la suite du coup d'État militaire réactionnaire qui a renversé le gouvernement démocratiquement élu du Honduras, dénonce ce qui suit :
"La volonté de la majorité de la population a été attaquée au service d'obscurs intérêts économiques hostiles au pays. Les travailleurs, leurs syndicats et les organisations populaires sont soumis à la répression.
"En conséquence, le comité régional, représentant les délégués de huit pays, décide :
"D'appeler tous les pays démocratiques de la communauté internationale à ne pas reconnaître le gouvernement de facto ni les élections qu'il a convoquées, d'exprimer notre solidarité militante aux travailleurs et travailleuses et à leurs syndicats, de promouvoir une campagne de solidarité concrète avec la population du Honduras et de dénoncer cette situation à l'OIT et devant d'autres organisations de travailleurs, en veillant à ce qu'une copie de ces déclarations soit envoyée aux syndicats honduriens."
Finalement, le 29 octobre s'est tenue une réunion pour discuter du nouveau projet dans le domaine de l'énergie qui doit démarrer prochainement avec le soutien de la fondation espagnole Paz y Solidaridad. Les réunions de São Paulo se sont déroulées dans un esprit de camaraderie et de solidarité. Nous remercions chaleureusement la FNV néerlandaise ainsi que notre affilié belge CSC Énergie Chimie pour l'aide qu'ils ont apportée à ces réunions.




