![]()
Dans la dernière édition de InBrief, il y a deux semaines, nous rendions compte de la fin d'une grève et du versement imminent d'une hausse de salaire longuement attendue par les mineurs péruviens de la mine du groupe Shougang Hierro Perú à Marcona. Cette augmentation avait été acceptée en juillet 2009 après l'intervention de la ministre du Travail mais n'a jamais été payée, ce qui a poussé les mineurs à arrêter le travail pour 15 jours en octobre.
Une fois encore, le 4 novembre, après avoir repris le travail en ayant reçu une fois encore la promesse de l'augmentation accordée en juillet, les mineurs de Shougang sont une nouvelle fois partis en grève illimitée parce qu'une fois de plus les versements promis n'étaient pas effectués.
Cette fois, la direction a transporté des travailleurs non grévistes dans la mine à bord de véhicules non homologués et dangereux parce que les chauffeurs s'étaient joints aux grévistes. De telles pratiques contreviennent à la législation nationale et régionale du district d'Ica, dans le sud du Pérou, et, s'ajoutant au non paiement des salaires négociés, elles sont la caractéristique d'une multinationale qui, bien que contrôlée par un État, n'affiche que mépris pour la législation péruvienne et pour les travailleurs.

La semaine dernière, notre affilié péruvien, le Syndicat national des mineurs et métallurgistes (FNTMMSP), a appelé la ministre du Travail, Manuela García Cochagne, à prendre des mesures draconiennes contre les dernières infractions commises par Shougang Hierro. La firme chinoise extrait du minerai de fer près de la ville de San Juan de Marcona depuis son rachat de la mine à l'État, en 1993. Depuis, selon le syndicat, la population locale s'est appauvrie et Shougang l'empêche d'acquérir des terres.
Dans le reste de l'industrie minière péruvienne, la ministre du Travail s'efforce d'éviter une grève à la mine de zinc Los Quenales que contrôle la multinationale suisse Glencore. Il s'y passe ce qui se passe un petit peu partout dans le monde : Glencore invoque la crise économique pour ne pas honorer un précédent accord salarial visant 1.800 travailleurs. La hausse du salaire hebdomadaire que la société de holding suisse refuse d'appliquer est de 2 sols, soit l'équivalent de 0,68 $.

Luis Castillo Carlos
Le syndicat de branche de Los Quenales représente aussi les personnels de firmes sous-traitantes travaillant à la mine. Le syndicat essaie de négocier avec la direction depuis le 15 octobre, sans succès. C'est le Secrétaire général du FNTMMSP, Luis Castillo Carlos, qui négocie au nom des travailleurs.
Un collectif de multinationales est confronté à un autre conflit à la mine d'Antamina. Cette mine est contrôlée par BHP Billiton et Xstrata (à 33,75% chacune), avec des participations minoritaires du canadien Teck Cominco et du japonais Mitsubishi. La direction d'une des plus grandes mines de cuivre et de zinc d'Amérique du Sud refuse la hausse du salaire de survie que le FNTMMSP réclame quotidiennement. Les négociations vont se poursuivre le 17 novembre mais, si elles échouent, un appel à la grève pourrait être lancé.




