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 12 Janvier 2009     ICEM InBrief     Australie
En Australie, conflit entre Xstrata et le CFMEU pour l'emploi minier

La semaine dernière, le combat pour la défense de l'emploi dans le secteur minier que mène le Syndicat de la construction, la sylviculture, la mine et l'énergie d'Australie (CFMEU) contre une multinationale indifférente qui veut faire payer le prix de la récession économique aux travailleurs a obtenu gain de cause auprès de la Commission des relations professionnelles (AIRC). L'arrêt de la Commission, rendu le 8 janvier, ordonne une consultation d'une semaine, à dater d'aujourd'hui, pendant laquelle Xstrata doit justifier sa décision de licencier 230 travailleurs à la mine n°1 d'Oaky Creek, dans le Queensland.

L'affaire devrait faire jurisprudence en Australie dans le cas d'une entreprise qui tente de faire porter sur les travailleurs le poids de la récente crise économique. Le CFMEU n'est pas le seul à s'opposer avec acharnement aux suppressions d'emplois causées par une politique néolibérale en déroute. De la Russie au Chili, dans les grands gisements de zinc de County Meath en Irlande où Tara Mines licencie 670 personnes, et pour les centaines de milliers de mineurs migrants dans le monde privés de travail et qui ne savent où aller, ce sont les travailleurs qui paient le prix de l'échec du capitalisme.

Cette riposte du CFMEU n'est qu'un exemple du combat nécessaire, vital, qui doit être mené pour ramener un peu plus de social dans l'économie.

En Bolivie, la FSTMB a organisé des actions de protestation le 9 janvier pour demander au gouvernement de gauche d'interdire tout licenciement. Elles font suite à l'annonce par le partenaire de Xstrata, le suisse Glencore International, de 700 suppressions de postes dans ses mines de zinc et de plomb et à la fonderie de Sinchi Wayra. Les travailleurs ont menacé de prendre le contrôle des opérations si les licenciements devaient se confirmer.

Au Brésil, le personnel de Vale a arrêté le travail jeudi 8 janvier à la mine de fer d'Itabira face à la direction qui veut supprimer 1.300 emplois. Itabira, dans l'État de Minas Gerais, est le site où Vale a vu le jour. Le syndicat de la mine Metabase a déclaré que jusqu'à 10.000 mineurs pourraient perdre leur emploi au Brésil à cause des licenciements pour raisons économiques.

En Afrique du Sud, on estime que 40.000 mineurs pourraient perdre leur emploi en 2009 à cause du ralentissement de l'économie. Beaucoup devront émigrer. Pour le Président de l'ICEM et du National Union of Mineworkers (NUM), Senzeni Zokwana, cette vague soudaine et sans précédent de licenciements aura un impact social énorme et déstabilisant.

Président de l'ICEM, Senzeni Zokwana

Le 16 décembre en Australie, la société anglo-suisse Xstrata a pris de court les travailleurs de la ville de Tieri, dans le centre de l'État du Queensland, en annonçant la mise en chômage technique pour une durée indéterminée des mineurs d'une partie de l'exploitation des riches gisements houillers d'Oaky Creek.

Notre affilié CFMEU a porté l'affaire devant l'AIRC pour empêcher ces licenciements. Le 22 décembre, dans le cadre d'une procédure d'arbitrage, puis une fois encore les 6-7 décembre à Brisbane, le CFMEU a affirmé que les baisses de prix de Xstrata sont anecdotiques si on les compare à sa politique en la matière et ne portent que sur le prix du charbon thermique pratiqué depuis le début 2008 pour répondre au ralentissement de la demande de l'industrie sidérurgique. Xstrata est réputée dans toute l'industrie pour tirer les prix vers le haut, surtout pour le charbon à coke d'Oaky Creek de grande qualité, jouant ainsi le rôle de référence en la matière en période faste.

Le CFMEU voudrait que Xstrata reclasse les travailleurs licenciés dans ses autres exploitations du Queensland, principalement à l'exploitation par longues tailles d'Oaky Creek North, ce à quoi la direction est opposée. Le syndicat accuse Xstrata de faire obstruction au travail de l'AIRC en s'appuyant sur la législation du travail du gouvernement Howard pour justifier ses prérogatives et attaquer le statut social des travailleurs.

"Xstrata préfère tirer parti des lois WorkChoices de John Howard et affirme sans vergogne ne pas être tenue par des considérations de justice naturelle vis-à-vis des travailleurs", a déclaré le Vice-président du CFMEU, Stuart Vaccaneo. "Un véritable comportement de cow-boy".

En décembre, un porte-parole de Xstrata a accusé le CFMEU de vouloir faire de la politique et de faire perdre son temps à l'AIRC, ce que Stuart Vaccaneo a qualifié de "comble de l'arrogance" en raison du sort réservé à 230 familles du Queensland. "Il ne s'agit pas de politique, mais bien de l'avenir de [ces] travailleurs et de leurs familles."

Après l'arrêt de l'AIRC du 8 janvier ordonnant une semaine de consultation entre les parties, un porte-parole de Xstrata a annoncé que la direction allait rencontrer le syndicat, mais "nous avons traité les personnes concernées comme il le fallait".

Quelque 450 suppressions d'emplois ont été annoncées en décembre au Queensland. Alors que le cas de la mine d'Oaky Creek de Xstrata est le plus emblématique, d'autres compagnies minières de la région, comme Macarthur Coal Ltd et le producteur de zinc Oz Minerals, ont aussi procédé à des licenciements.

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