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 15 Décembre 2008     ICEM InBrief     Uruguay
Conférence de la pâte et du papier de l'ICEM en Uruguay

Des dirigeants de syndicats du secteur de la pâte et du papier affiliés à l'ICEM ont conclu leur Conférence mondiale le 10 décembre à Piriápolis, en Uruguay, sur l'adoption d'un plan d'action de solidarité clair et concis. Ce plan prévoit de développer les activités du Groupe de travail sur la pâte et le papier et de les étendre à d'autres affiliés de premier plan.

Le programme de travail adopté à la conférence porte sur la négociation collective et d'autres activités majeures; il aborde des thèmes tels que l'effondrement de la dette, le ralentissement de la croissance générale dans le sud, la détermination des prix et le coût de la main-d'œuvre d'une région à l'autre.

Les participants ont pris connaissance d'une cartographie originale et très complète des syndicats du secteur de la pâte et du papier du Mercosur et des entreprises dans lesquelles ils sont présents. Ce document est dû à l'Instituto Observatório Social du Brésil, grâce à un financement de SASK, le département de la solidarité mondiale de la centrale syndicale nationale finlandaise.

Le Président du syndicat argentin FOEIPCyQ, Blas Juan Alari, a expliqué aux délégués comment un litige datant de la guerre froide entre l'Argentine et l'Uruguay à propos d'une usine de pâte n'avait tenu aucun compte des sentiments des travailleurs argentins. Les délégués ont également entendu des exposés émouvants de dirigeants de la centrale nationale uruguayenne PIT/CNT sur les droits des travailleurs dans ce pays.

Ils ont aussi entendu des interventions de Ilkka Hämälä, le P-DG de Metsa-Botniä Oy, dont l'usine de pâte de Fray Bentos est à l'origine de la controverse entre les gouvernements argentin et uruguayen, et de Jeronimo Ruiz, le Directeur de l'association des employeurs de l'État de São Paulo, qui a aussi en charge la négociation collective pour le compte des employeurs du secteur de la pâte et du papier au Brésil.

Des représentants des travailleurs ont interrogé les dirigeants de l'industrie sur plusieurs points, notamment l'approvisionnement en bois, la réduction du bois en pâte, la fourniture et les coûts de main-d’œuvre; ils leur ont aussi posé des questions sur leur bilan en matière de responsabilité sociale, un thème délicat qu'a soulevé le Président de la Division de la pâte et du papier de l'ICEM, Jouko Ahonen, qui préside aussi le syndicat finlandais Paperiliitto. Jouko a déclaré que la priorité donnée aux profits versés aux investisseurs sur les intérêts de la société est la pire atteinte au bilan de responsabilité sociale d'une entreprise.

Les dirigeants syndicaux sur panneau, à partir de la gauche, Jan-Henrik Sandberg, Suède; Juan Blas Alari, de l'Argentine, et Fred Wilson, Canada

Les participants ont aussi entendu les ministres uruguayens de l'industrie et de l'énergie, Daniel Martinez, et du travail et de la sécurité sociale, Eduardo Bonomi. Le premier, ancien dirigeant syndical, a prononcé une allocution enflammée sur la nécessité pour tout développement industriel de maintenir des normes sociales et de travail élevées. Quant à Eduardo Bonomi, il a relaté de manière parlante la reculade d'un gouvernement civil en déliquescence devant les militaires dans les années 1970 et 1980 et proclamé que l'actuel plan de développement industriel de l'Uruguay intégrera mieux les pays du Mercosur.

Le Président du CUOPyC, qui accueillait la conférence, Walter Silva, a rappelé aux syndicalistes présents qu'une crise financière va immanquablement frapper les travailleurs les premiers et le plus durement et dit que ce dernier effondrement économique doit inciter à renforcer les syndicats démocratiques, à ouvrir la voie des décisions d'investissement aux travailleurs et à mettre définitivement un terme à "toute forme de dumping social."

Walter Silva a également qualifié le litige entre l'Argentine et l'Uruguay – maintenant devant la Cour mondiale – de regrettable, en ajoutant "notre avis n'a pas été pris en compte, alors que nous pouvions faire profiter de notre expérience et de notre connaissance" pour apaiser les difficultés politiques à propos de l'usine Fray Bentos. Elle est en service depuis une année et produit 100.000 tonnes de pâte par an, dont 70% sont achetés par les trois papetiers propriétaires de Metsa-Botniá.

Le Secrétaire général de l'ICEM, Manfred Warda, a dit aux délégués que le modèle économique néolibéral a échoué. "Ce n'est pas le moment d'assainir un système qui a échoué, mais plutôt de bâtir un avenir pérenne fondé sur la justice et l'égalité."

Il a ajouté que l'Uruguay était le pays tout indiqué pour la tenue de cette conférence, si l'on se souvient de la période noire de la répression des années 1970 et 1980, et l'ICEM a très bien choisi sa date, qui coïncide avec le 60e anniversaire de la signature de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Ces trois jours de forum de l'ICEM étaient précédés d'une conférence de deux jours, les 6 et 7 décembre, sur les programmes de certification des forêts parrainée par l'Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB). Ce forum a été une grande réussite et a donné l'occasion aux affiliés de l'ICEM d'en savoir plus sur les programmes de certification des forêts.

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